Africains, Malgaches, Réunionnais, Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Comoriens, Haïtiens, Kanaks... Parisiens, Marseillais, Bordelais, Lillois et de bien d'autres lieux...
12/02/2012 - 52min11s
Africains, Malgaches, Réunionnais, Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais, Comoriens, Haïtiens, Kanaks... Parisiens, Marseillais, Bordelais, Lillois et de bien d'autres lieux encore. Noirs et Français, tout simplement. Depuis plus de trois siècles. Et pourtant...Deuxième épisode de la grande série documentaire qui nous plonge au coeur d'une histoire encore mal connue, avec ses pages sombres et ses moments de lumière.Épisode 2 : Le temps des migrations (1940-1974)Après-guerre, alors que l'Armée d'Afrique aura contribuée à sauver l'honneur de la France et libérée une grande partie du territoire nationale et que la Résistance aux Antilles fut l'une des plus héroïques, des milliers d'étudiants et intellectuels s'installent en France et s¿engagent dans la lutte pour les indépendances. L'immédiat après-guerre voit Paris se transformer en capitale culturelle, connue pour le jazz et pour l'accueil réservé aux Afro-Américains. Le temps des colonies laisse peu à peu la place à celui des luttes pour les indépendances. Dans cette période de basculement politique, quatre élus s'imposent et vont structurer les enjeux de cette génération : Léopold Sédar Senghor, Gaston Monnerville, Aimé Césaire et Félix Houphouët-Boigny. Avec les indépendances, l'empire disparaît progressivement du quotidien des Français, le ministère de la France d'Outre-mer devient celui de la Coopération. Commence alors l'histoire des immigrations postcoloniales en provenance d'Afrique et des Dom-Tom.En 1963, le Bumidom, agence d'État chargée d'organiser l'immigration en provenance des Antilles, recrute largement pour la métropole (bientôt imité par la Réunion). C'est un tournant majeur. L'immigration africaine permet aussi aux industries de combler un manque de main-d'oeuvre pendant cette période de croissance. Face à cette nouvelle présence, la France passe d'un racisme colonial à une xénophobie manifeste. La musique reste le moyen d'expression privilégié de la culture noire, et des artistes comme Serge Gainsbourg utilisent désormais des rythmes afro-antillais dans leur composition. Les années 1954-1974 sont aussi marquées par la lutte sociale axée autour des conditions de travail et des logements déplorables. Les protestations contre la politique d'immigration et les conditions de vie des travailleurs immigrés s'amorcent après le mouvement de Mai 68. Avec des nouvelles mobilisations et contestations dans les foyers, sont révélées à l'opinion publique les conditions de vie de ces travailleurs immigrés. La fermeture des frontières, le regroupement familial et des relations nouvelles avec les Antilles vont fixer pour la génération suivante cette présence noire en France.Interviews : Georges COUDOUX, Yandé Christiane DIOP, directride des éditions Présence africaine, Jacob DESVARIEUX, musicien, Abdoulaye SISSOKO, Assane Bâ, juriste, Mar FALL, sociologue